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Chronique de l'effort #6

Ou ma vie d'hôtesse de caisse.

Depuis cette expérience, je suis d'une politesse quasi obséquieuse avec les personnes appartenant à cette catégorie socio-professionnelle. Je pourrais être taxée de confraternité subjective (je ne parle pas de consororité uniquement pour casser ce préjugé selon lequel caissière est un boulot de gonzesse), mais que nenni puisque je suis désormais - pour ceux qui n'auraient pas suivi - concepteur-rédacteur dans la communication.

Donc ni solidarité revendicative, ni avilissante compassion, juste un peu de respect pour un métier parmi beaucoup d'autres qui souffrent du mépris des suffisants. Rares sont les clients assez courtois pour vous dire bonjour à vous, pauvre insecte du bas de l'échelle sociale. Nombreux sont ceux qui n'interrompent pas leurs discussions - souvent téléphoniques - pour établir une relation interpersonnelle avec vous puisque vous n'êtes rien, vous n'existez pas. Et de vous fusiller du regard quand vous avez le toupet de leur adresser la parole, de surcroît pour leur taper du fric !

Combien de fois à cette époque ai-je subi en soirée des assauts masculins de prime abord élaborés mais bien vite bâclés dès ma fonction annoncée ? Après tout, pourquoi se casser la tête, de toute façon j'étais caissière, donc stupide, donc pas de manières. Combien de fois ai-je essuyé les regards méprisants, outrecuidants de rivales averties qui pensaient que le diplôme de commerce acheté avec l'argent de papa-maman suffisait à me distancer ?

Ce fardeau des caissières n'est qu'un exemple parmi tant d'autres (flic, peintre en bâtiment, huissier...). Imaginez un seul instant de subir le dédain systématique de vos choix de vie... qui n'en sont d'ailleurs pas toujours. Hard non ? Alors à partir de maintenant, je vous interdis de mépriser les caissières (sauf celles qui vous arnaquent sur la monnaie), les flics (sauf les abusifs), les peintres en bâtiment (sauf s'ils saccagent votre façade), les huissiers (sauf s'ils vous expulsent) et... et... et... sauf les cons.

Commentaires

  • Je crois que c'est devenu la norme de se mépriser les uns les autres, de se jauger pour savoir qui est supérieur, le dominant, le dominé. Le premier qui baisse les yeux. "S'il vous plait, jeune homme", "mon arpette", tous ces termes qui marquent une ascendance vaniteuse sur le "petit personnel". Tu soulignes le blanc qui souligne les conversations à l'énoncé de ces métiers que la masse juge peu glorieux. "Vous êtes?" "femme de ménage" ...

  • ah la la...quand je pense que depuis le début de l'enseignement supérieur j'ai décidé de payer mes études (loyer, nourriture et tout le reste), plutôt que de taxer l'argent de papa maman. J'étais donc serveuse dans un bar puis en boite...et je les revois tous mecs qui me regardaient de haut en se disant "ça doit pas être bien compliqué de se taper une serveuse" puis qui se mettaient à douter de la facilité de la chose en apprenant que je suis à bac+4 et que le bar c'est pas toute ma vie etc..que je suis une personne avant d'être une serveuse ou une étudiante ou ce qu'ils veulent...

  • Oui tout ça est bien triste. Que les gens se comparent, que les gens essaient de se faire mousser un peu, why not ? Mais ignorer tout simplement une personne qui fait comme tout le monde à savoir bosser pour bouffer et payer les factures mais qui est "présupposée" avoir le QI d'une huître, c'est vraiment odieux.

  • Les gens vont finir par croire que je me parle à moi-même :o) Oui tu vois bien de quoi je veux parler... même si je pense que les gars sont moins méprisants - mais plus fourbes - avec une serveuse qu'une caissière... dans l'espoir d'avoir des coups gratos.

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