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  • Danaé de Gustav Klimt

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    Danaé - Gustav Klimt - 1907

    Huile sur toile 77 x 83 cm

    Voici l'une des toiles que je préfère d'un de mes peintres favoris.

    Si je l'interprète d'un oeil novice, j'y vois la plus voluptueuse représentation de la femme enfant. Femme dans ses formes généreuses et la sensualité qu'elle exhale. Enfant dans sa position foetale et l'innocence qui s'en dégage. Une ode sybaritique. Lovée dans des tissus chatoyants aux couleurs profondes et capiteuses, je l'imagine exaucée et rêveuse, de cette somnolence d'après l'amour, mais séductrice toujours dans sa position à la nonchalance étudiée. Et l'érotisme atteint son paroxysme grâce au titre de l'oeuvre qui nous livre le nom de la belle ingénue, susurrable comme une confidence : Danaé, femme aux mille couleurs dont l'effigie pourrait être ce petit papillon très coloré d'Afrique qu'on appelle la danaïde.

    D'un oeil un peu plus averti, ce tableau est la représentation érotique par le maître du mythe de Danaé, lascive, extatique et symbole de fécondité.

    Dans la mythologie grecque, Danaé était la fille d'Eurydice et du Roi d'Argos Acrisios qui, averti par l'oracle qu'il serait tué par son petit-fils et incapable de tuer sa propre enfant, préféra enfermer la malheureuse dans une haute tour d'airain aux fenêtres closes d'épais barreaux. Mais c'était sans compter sur le célèbre croqueur de femmes pour ne pas dire érotomane Zeus qui se transforma une nuit en pluie d'or pour braver les grillages obstructifs et séduire la princesse. Naquit de cette union un fils, Persée.
    Acrisios, toujours incapable d'attenter à la vie de sa fille et de son petit-fils mais bien décidé à échapper à sa funeste destinée, enferma la mère et l'enfant dans un coffre qu'il jeta à la mer. Le courant les porta jusqu'à l'île de Sérifos dont le Roi Polydectès s'éprit de Danaé et écarta le possessif Persée en lui ordonnant de ramener la tête de la Gorgone Méduse, monstre dont le regard changeait les hommes en pierre. La bravoure et la ruse du jeune homme eurent raison de la femme à la chevelure de serpents et le héros put ainsi ramener sa mère à Argos... et par bien d'autre rebondissements (le charme de la mythologie) accomplir la prophétie.

    Danaé est désormais le symbole de la terre souffrant de sécheresse et sur laquelle une pluie fertilisante descend du ciel.

    Avec cette explication, je sais maintenant qu'elle n'est pas encore repue d'amour mais, la pluie d'or entre ses cuisses charnues, en pleine extase... Et la vision n'en est que plus délicieuse.

  • Chronique de l'effort #4

    Ou ma vie d'hôtesse de caisse (c'est la formule politiquement correcte pour dire caissière). 

    Après avoir laissé tomber mes études de droit - seule filière envisageable pour mon cher père après sa déception de m'avoir vue abandonner ma première scientifique pour une terminale littéraire et ainsi réduit à néant ses espoirs de faire de sa petite dernière un grand chirurgien - et avant d'être convaincue par l'expérience et soutenue par la gentillesse, la compréhension et les finances de mes petits parents d'amour de reprendre mes études - de communication/publicité cette fois-ci -, entre les deux donc, j'ai souhaité faire l'expérience (me la jouer) de l'indépendance en m'assumant financièrement (mais en louant symboliquement un appartement appartenant à mes, oui toujours eux, procréateurs.

    Cela étant dit, j'ai exercé cette activité d'encaisseuse pendant une année complète dans une grande enseigne trotskiste de la culture. Cette profession transitoire m'a permis de faire un constat (si besoin était encore de le démontrer) : les gens ne savent pas s'exprimer. Combien de fois ai-je entendu "bonjour (introduction bien souvent facultative), vous êtes une caisse ?"... Non tête d'ampoule, je suis un être humain dont la fonction d'agent d'encaissement peut satisfaire ta présente demande.

  • Ané-nantie

    Sachant que je ne finis jamais le mois à découvert, d'une part parce que j'ai la chance d'avoir un salaire qui me le permet sans toutefois être mirobolant et d'autre part, parce qu'un des principes de mon éducation était "quand il n'y a plus rien, il n'y a plus rien donc soit on fait les fonds de placard, soit on se sert la ceinture mais on ne s'endette sous aucun prétexte".

    89ac612390ac790aeeec02dfa291fa0c.jpgSachant que j'ai assimilé ces règles de gestion mais que je ne suis pas économe pour autant... Bah oui, pas être à découvert, ça veut bien dire s'arrêter de dépenser à zéro ! 

    Sachant que mon système discutable de rémunération est revu de mois en mois à la baisse et que j'arrive à des écarts de 800 euros (!) sur mes feuilles de paie.

    Sachant que je suis du genre à anticiper pour savoir à quoi m'attendre et que je sais compter.

    Je commence le mois de septembre... qui n'a d'ailleurs pas commencé soit dit en passant... à moins 159 euros une fois toutes mes charges déduites (et me connaissant, j'ai sûrement dû en oublier sans compter les inévitables imprévus qui tombent toujours au mauvais moment...).

    Ca me rappelle un sketch (forcément excellent) de Coluche qui parlait de son père qui travaillait à mi-temps (12 heures par jour) et qui disait que chez eux, les fins de mois étaient difficiles. Surtout les 30 derniers jours.

    J'hésite : je pleure un petit peu ou je pleure beaucoup ? Et la vie, malgré les constats affligeants et les promesses jamais tenues, qui est toujours plus chère... Comment je fais moi pour payer les croquettes de mon chat ? Il est pas au régime lui !

  • Tou tou tou you tou

    Allez c'est décidé, demain je vais m'inscrire dans une salle, que dis-je, une usine de sport. Ne dit-on pas "un esprit sain47792b3c60f3004e93eac309cb8438a0.jpg dans un corps sain" ? Pouvoir se défouler, retrouver un sommeil profond bien mérité, porter des courses sans me casser les bras, déménager sans me briser le dos, monter d'interminables escaliers sans avec les jambes en vrac et le souffle coupé (oui enfin, pour le souffle, je devrais peut-être plutôt arrêter la cigarette)...

    A moi donc les fesses fermes et rebondies, le ventre plat, les abdos apparents, les bras toniques, les cuisses galbées, les mollets dessinés...

    Le style vestimentaire peu seyant, les auréoles dispatchées un peu partout, l'odeur de chacal, la mine rougeaude, les courbatures...

    Le rêve quoi ! 

  • Dément tel...

    ... un joueur sur internet.

    Loin de moi l'envie de passer pour une geek de base mais je dois bien avouer que j'apprécie - de manière raisonnable - les jeux sur internet. Jeux de lettres, de réflexe, élevages virtuels... ma seule exigence est d'être divertie sans pour autant que le passe-temps devienne chronophage.

    A m'y pencher d'un peu plus près, l'on peut observer que j'opte davantage pour les défis personnels que pour les compétitions collectives. Mais depuis peu - la faute à ma DA -, je me suis mise à un jeu en réseau. La règle est simple : il s'agit de choisir un peuple (romains, gaulois ou germains) et de l'entretenir pour développer les ressources, bâtir et étendre son domaine. A partir de là, deux optiques s'offrent à vous : soit vous faites fructifier vos biens à vitesse modérée dans votre coin, soit vous multipliez vos rendements en mode accéléré en allant piller vos voisins.

    Partant de cette règle et même si j'avais opté pour le mode "lentement mais sûrement", je devais m'attendre à des attaques occasionnelles de la part d'un entourage peu scrupuleux. Ce que devais arriver arriva donc. Sauf que. J'ai essuyé pas de moins de douze attaques du même joueur en moins de 24h (ma DA subit d'ailleurs de la part d'un autre joueur un acharnement similaire depuis plus d'une semaine).

    ae444c2bd05e86510dcef391091c2f99.jpgAu-delà du fait que ce pauvre type passe un temps particulièrement hallucinant derrière son ordinateur (les assauts - non programmables d'avance - sont exécutés à des horaires improbables), il m'attaque inlassablement alors qu'il sait pertinemment que je n'ai plus de ressources. Son but n'est donc plus de piller mais de détruire, de réduire mon petit village pépére à néant, de me pourrir mon jeu.

    J'avoue que j'ai du mal à cerner ce genre d'attitude et que se dessinent dans mon esprit des représentations abracadabrantesques de mon ennemi : un petit frustré, brimé dans la vie, à la limite de l'impuissance et dont la seule ébauche de plaisir vient de sa jubilation à s'acharner sur quelqu'un qui cherche juste à se détendre. En fait, plus qu'énervée, je suis effrayée. Effrayée de constater que jusque dans le JEU, les gens sont bas, fourbes et vindicatifs.

    Certes, la conquête est le propre de l'animal. Toutes les tribus possédent des dominants qui n'ont pour seule ambition que de s'imposer. Mais chez nos amis les bêtes (enfin nos amis à nous gens équilibrés puisque j'imagine aisément mon rival en maniaque du dressage abusif), la dominance une fois établie suffit à engendrer la paix... jusqu'à l'arrivée d'un nouveau prétendant. Or, chez l'homme, la domination ne suffit pas : il faut harceler, s'acharner, torturer, anéantir, réduire en poussière.

    Plus que le pourquoi, je trouve ça hyper-flippant.