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16.07.2007
Little Budhia
Dans les yeux d'un enfant, vous n'êtes jamais uniquement un papa, une maman, une nounou, un frère ou une soeur, un oncle ou une tante... Vous êtes un dieu vivant dont chaque parole est d'évangile. Entrer en contact avec n'importe quel enfant est donc une responsabilité qu'il faut toujours garder à l'esprit lorsqu'on est un adulte. Chaque mot, chaque geste, chaque activité doivent être minutieusement choisis pour ne pas perturber le bambin. Combien d'exemples avons-nous tous autour de nous de "mauvaise compréhension" ou plutôt d'interprétation par les petits de nos expressions de "grands", bien souvent très imagées, que l'innocence prend au premier degré ? La plupart du temps, ce décalage et cette naïveté sont l'objet de gentilles taquineries de nous autres adultes. Qu'il est drôle de faire marcher pour ne pas dire courir un marmot en lui racontant de douces inepties. Qu'il est bon de jouer un instant le rôle de ce dieu dont la brebis instigatrice nous déchoira bien trop tôt. Que tout cela est facile...
Tellement facile que certains hommes ont décidé, du haut de leur suffisance et de leur cupidité, de faire rimer candeur
avec exploitation. Ainsi, Biranchi Das, un riche Indien sans scrupules, a acheté à une mère démunie son fils mendiant pour la dérisoire somme de 800 roupies (environ 16 euros). Bien loin de toute philanthropie, la transaction n'avait pour seul intérêt que le talent de coureur du gamin. Du haut de ses quatre ans, Budhia peut aujourd'hui se prévaloir d'avoir un nouveau papa qui le fait courir marathon sur marathon et dont la dernière lubie a été de convoquer les media d'ici et d'ailleurs pour voir son cher protégé relever le défi suivant : engloutir la modique distance de 70 kilomètres. Le challenge n'étant pas suffisant en lui-même, ajoutons que le généreux Biranchi Das interdit formellement à Budhia de boire la moindre goutte d'eau pendant l'effort... mais, tel qu'il le ferait pour un âne avec une carotte, lui brandit une bouteille sous le nez pour le faire avancer. Le petit bout a donc, malgré la polémique déchirant fanatiques de cette gloire nationale et gens raisonnables ne passant pas pour autant à l'action, vaillament couru, déshydraté, avant de s'effondrer net au 67e kilomètres, l'air hagard et coupable du traitre qui n'a pas exaucer le voeu insensé de son maître. Et si je dis maître, c'est qu'au-delà de l'esclavage manifeste de cet enfant, il s'agit véritablement d'endoctrinement. Car aux déclarations de danger imminent de mauvais développement et même de décès du corps médical, le bon samaritain Das ne répond qu'une évidence : "Mais s'il meurt, il mourra en martyre". Et Budhia de dire, entre deux vomissements et alors qu'il n'est plus capable du moindre discernement, "on ne m'arrêtera jamais de courir parce que je serais un grand champion... et que si je gagne, j'aurai un vélo !".
La procédure d'adoption n'a pour l'heure pas été interrompue par les autorités malgré les expertises médicales ayant mis en évidence la malnutrition, les carences étonnemment importantes et les problèmes déjà naissants au niveau des articulations et du coeur du prodige.
Les mots pour dire l'atrocité me manquent...
Cours, Budhia, cours ! vu sur Arte.
17:04 Publié dans Actualités, Télévision, Voyage | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gwordia, société, santé, sport, médias, éducation







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Commentaires
J'ai moi aussi vu ce reportage, et bien qu'impressionné par les performances de ce petit prodige il est clair qu'il plane comme un petit air d'esclavage chez son "coach" Biranchi Das.
Par contre je trouve votre article trop à charge et peu objectif quand aux intentions de Biranchi Das. Lorsqu'il a racheté Boudhia il ne l a pas racheté à sa mere mais à une personne à qui sa mere l avait vendu auparavent et le petit était maltraité, quant à son futur entraineur, il ne savait même pas que boudhia courait, il ne s'en est rendu compte que plus tard et par hasard.
Aussi Biranchi Dass, nous le voyons bien dans le reportage à vraiment du mal à joindre les deux bouts et n'est pas riche contrairement à ce qui est dit dans votre article ( peut être le serait il s'il ne s'occupait pas de ce dojo, ou les petits indiens sont accueillis gratuitement )
Je voulais simplement apporter un petit plus d'objectivité quant aux intentions de Biranchi Dass.
Bien sur faire courir ce petit de la sorte est très dangereux et nous sommes tous contre, mais le problème n'est pas que Biranchi dass soit inhumain, mais plutôt qu'il soit convaincu que son petit boudhia puisse courrir sans risques.
Ecrit par : walid | 25.07.2007
Répondre à ce commentairePour ce qui est du fait que le "généreux acheteur d'enfant" n'a découvert son talent que tardivement, ça n'excuse en rien le fait que les plus que supposés bons égards sont à l'origine d'une sous-nutrition et que par conséquent, on peut en déduire que Biranchi Das n'a jamais eu l'intention de prendre soin de Budhia (le nourrir a minima) mais de l'exploiter d'une façon ou d'une autre.
Pour ce qui est de la "difficulté à joindre les deux bouts", j'ai personnellement observé que Biranchi Das habitait dans une maison plus que confortable...
Et pour ce qui est des pseudo-convictions de Biranchi Das, je pense juste que, comme le dit le dicton, "il n'y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre". S'il ne pense pas à mal - admettons - à l'origine, le fait de remettre en cause l'autorité médicale est bien le symbole soit de son désintérêt le plus total quant à la santé de Budhia... soit de sa stupidité.
Ecrit par : charlotte à walid | 25.07.2007
Répondre à ce commentairenice site
Ecrit par : UtitlopeSlels | 25.03.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : charlotte à UtitlopeSlels | 31.03.2008
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