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Loin de Chandigarh de Tarun J Tejpal

Editions Buchet-Chastel - 686 pages

Quatrième de couv' : L'Inde du Nord à la fin des années 1990. Un journaliste et sa femme, Fizz, partagent depuis quinze dafe55846ef5ad0c89afb342de73c0e8.jpgans, une intense passion, très sensuelle, très charnelle. Jusqu'au jour où, dans leur maison accrochée aux contreforts de l'Himalaya, le narrateur découvre soixante-quatre épais carnets, le journal intime et impudique d'une Américaine, Catherine - ancienne propriétaire des lieux -, dont la lecture va peu à peu détruire son couple...

Après quelque 6 interminables semaines de traversée du désert littéraire, je suis enfin arrivée à bout de ce roman très particulier qui, sous nos latitudes, prend la forme d'une escapade bout-du-mondesque.

Particulier parce que la trame annoncée ne prend vie sous la plume de l'auteur - et du narrateur - qu'en page 377. Singulier parce que nous saurons tout de la vie du narrateur dans les moindres détails - surtout les plus intimes sans jamais toutefois tomber dans l'érotisme graveleux - sauf son prénom. Original parce que sa construction relativement classique de bonds temporels et de parallèles existentiels vous emmène tout à la fois dans des chemins prévisibles et inattendus. Une combinaison aussi rassurante qu'étonnante dont la poésie passionnelle stimule tant l'intellectuel que le charnel.

Amoureux de l'Inde ou amoureux tout court, ce roman est fait pour vous.

Des extraits qui m'ont touchée :

Ce soir-là, nous sortîmes, nous nous soûlâmes et, au retour, nous fîmes l'amour. Pour la première fois, la vie sexuelle d'un tiers pesait sur la nôtre. Tandis que je m'activais sur Fizz, et en elle, je commençai avec hésitation à lui poser des questions sur son premier entretien, et quand elle me révéla lentement les secrets les plus intimes de Philip, une griserie s'empara de nous, si forte qu'elle nous coupa le souffle. Fizz disparut de longs moments, et je dus lutter pour rester où j'étais, à ce point exquis entre la vie et l'oubli.

Ce point où l'on est le plus vivant avant d'être mort.

...

Je sais seulement qu'il faut laisser le passé en paix. Mon père disait que le présent appartient aux actifs, l'avenir aux penseurs, et le passé aux perdants. Il ne faut pas toucher au passé.

...

Arrivée à la porte, elle hésita. Le temps s'étira entre eux, plein d'incertitude et de désir tapi. L'énigme intemporelle : savoir et ne pas savoir. Trouver le geste parfait qui rompt la glace sans la faire voler en éclats.

Quand il la regarda, elle regardait ailleurs. Quand elle le regardat, il baissait les yeux. L'instant était passé.

Il recula et dit qu'il dormirait dehors, à portée de voix. Elle s'étendit sur le lit, sans tirer sur elle l'épaisse couverture en patchwork. Son corps brûlait. Elle vibrait de rage et de frustration.

...

Changer de personnalité par peur, c'est perdre la partie.

La vie mérite de prendre des risques. Toujours selon ses propres règles.

...

Je soupçonnai pour la première fois que l'histoire était toujours plus importante que le conteur. Ce n'était pas le conteur qui insufflait de la vie dans le récit, mais le récit qui maintenait le narrateur en vie.

Commentaires

  • De deux choses l'une (ou presque). Ce blog dégage tout d'abord une sorte de sérénité que je trouve diablement sexy. Va comprendre pourquoi. Salut.

  • Tout d'abord merci. Et ensuite ?
    Je prends le "diablement". J'accorde sans présomption le "sexy". Je doute quant à la sérénité ; ta certitude ébranle la mienne, inversement proportionnelle. Pourquoi pas, va comprendre.

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