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27/11/2011

Le cas Sneijder de Jean-Paul Dubois

le cas sneijder.jpgEditions de l'Olivier - 217 pages

Présentation de l'éditeur : « Je devrais être mort depuis le mardi 4 janvier 2011. Et pourtant je suis là, chez moi, dans cette maison qui m’est de plus en plus étrangère, assis, seul devant la fenêtre, repensant à une infinité de détails, réfléchissant à toutes ces petites choses méticuleusement assemblées par le hasard et qui, ce jour-là, ont concouru à ma survie. » Victime d’un terrible – et rarissime – accident d’ascenseur dans une tour de Montréal, Paul Sneijder découvre, en sortant du coma, qu’il en est aussi l’unique rescapé. C’est le début d’une étrange retraite spirituelle qui va le conduire à remettre toute son existence en question. Sa femme, ses fils jumeaux, son travail, tout lui devient peu à peu indifférent. Jusqu’au jour où, à la recherche d’un emploi, il tombe sur la petite annonce qui va peut-être lui sauver la vie. Ce roman plein de mélancolie est aussi une comédie étincelante. L’auteur d’ Une vie française y affirme à nouveau avec éclat son goût pour l’humour noir.

Très étrange d'achever la lecture de ce livre au moment où les nombreux accidents mettent un coup de projecteur sur la vétusté du parc d'ascenseurs français.

L'auteur du Prix Femina 2004 Une vie française nous livre ici un texte unique en son genre. Avec une tonalité oscillant entre tragédie et dérision, Jean-Paul Dubois aborde de nombreux thèmes sans en négliger aucun : le trouble de stress post-traumatique, la mort, le couple, la famille, la trahison,...

Sous des airs anodins, ce récit d'un quotidien tout à la fois classique et déjanté nous invite immanquablement à une réflexion au moins personnelle sur notre petite vie, au mieux philosophique sur l'existence et l'humain. D'un style choyé, l'écrivain multiplie sans en abuser les cocasseries et les absurdités pour nous faire oublier, autant que faire se peut, la cruauté de ses anecdotes qui, d'une façon ou d'une autre, nous revoit à celle qui jalonne notre quotidien à tous.

Ca fait un peu froid dans le dos mais il serait dommage de s'en priver parce que peu de plumes auraient relevé le défi de baser leur récit sur la mécanique des ascenseurs et les crottes de chiens sans en faire un navet. Et au final, c'est bien plus qu'une gageure réussie, c'est un véritable phénomène littéraire.

Extraits :

"La partie rationnelle de notre cerveau savait que les accidents sont des accidents et qu'ils ne démontrent que le néant absurde de tout ce qui est, pourtant nous voulons plaquer des grilles de lecture sur ce qui nous entoure, nous entrecroisons des lignes vectorisées qui reviennent toujours à nous, au point de départ, en tout cas au point d'appui d'Archimède qui permet de hisser ce monde lourd, confus, encombré, jusqu'à une forme schématique qui nous pouvons traiter."

John Updike

...

Je pense à la mémoire, à son emprise accablante, à ces lests écrasants qu'elle dépose en nous avec une constance désarmante. Parfois lorsque je suis en haut, à ma table, ou dans mon lit, à attendre le sommeil, je la sens se glisser à mon côté, serpent à l'épiderme glacial, afin de m'infliger les films de ses archives, tout ce que je n'aurais pas dû voir, tout ce que je redoutais, (...).

On ne devrait plus se rappeler d'où l'on vient ni où l'on va. J'aimerais appartenir à une espèce amnésique, conçue pour vivre au jour le jour, débarrassée de l'histoire, filant sa vie au gré des rythmes nycthéméraux. Sans aucun patrimoine. Ni passif. Ni génétique. Pas de lien, pas de cariotype. Une aube, un jour, et voilà tout. Chaque matin l'odeur du neuf. Et tout un monde à flairer. Je ne sais à quoi pourrait bien ressembler une pareille vie, mais elle ne pourrait être pire que celle que nous essayons de mener sous l'envahissant protectorat de la mémoire.

...

On ne devrait pas avoir besoin de dormir. C'est trop de vie gâchée.

...

La vie, ce sport individuel qui mériterait, pour peu que l'on considère l'absurdité de ses règles, d'avoir été inventé par un Anglais bipolaire, avait assez d'humour pour laisser à des chiens, dont je ramassais ce que l'on sait, le soin de m redonner une petite part de la confiance et de la douceur dont la plupart des miens m'avaient depuis longtemp privé.

...

Les faillites aiment les week-ends. Et la vie est pleine de dimanches.

14:59 Écrit par charlotte sapin dans Actualités, Citation, Culture, Littérature française, Livre, Roman | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | | Pin it!

25/11/2011

Dégénération

   Un criminel en puissance de 17 ans (un certain Mathieu), déjà impliqué dans une affaire de viol en 2010, peut s'inscrire dans un établissement scolaire (le collège Cévenol de Chambon-sur-Lignon) où il détecte sa prochaine proie (Agnès Marin), la viole et la tue dans des conditions déclarées atroces par les légistes, sans qu'a priori personne dans la commune ne soit informé du danger rôdant à proximité.

   Un parti politique français (le PS), en pleine période pré-électorale et non des moindres puisqu'il s'agit de la présidentielle, ne prononce pas catégoriquement le renvoi pur et simple d'un de ses plus célèbres représentants (Dominique Strauss-Kahn alias DSK) qui, après la tourmente de l'affaire Nafissatou Dialo aux Etats-Unis, a été non condamné grâce à la prescription pour tentative d'agression sexuelle avérée sur la personne de Tristane Banon.

   Un président de la République française (Nicolas Sarkozy Ier) peut prendre une chambre d'hôtel à 37 000 euros la nuit (selon le sensationnaliste The Sun) qui n'en vaudrait "que 3 500" (!) (selon Franck Louvrier, conseiller en communication - à n'en pas douter honnête et impartial - de l'Elysée) pendant un G20 consacré à la crise mondiale et au naufrage de la zone euro, alors même qu'il demande aux Français, surtout les plus modestes comme toujours, de se serrer la ceinture très fort, de perdre leur emploi (plan social annoncé de la BNP pour n'en citer qu'un) et de payer plus d'impôts pour payer la dette des Grecs qui, eux, n'en payent pas et ne comptent pas changer cet état de fait, et malgré tout, gagner des points dans les sondages.

   Deux connards (un certain Jacquard et un certain Saïdi) peuvent empêcher leur voisinage (dont moi) de dormir pour cause de tapage récurrent, peuvent menacer verbalement et physiquement, injurier racialement (mon compagnon doudou des îles) et harceler par des déménagements nocturnes, des martèlements au sol (les voisins du dessous étant évidemment ma moitié et bibi) et des coups de pieds violents tout au long de la nuit dans la porte d'entrée des deux seuls voisins (mézigue et mon conjoint), terrorisés commes les autres, mais qui sont les seuls à contacter les pseudo-forces de l'ordre et le syndic, sans que rien ne puisse être fait contre eux. Parce que tant qu'il n'y a pas de sang, les flics ne peuvent rien faire. Dura lex, sed lex. Parce que le syndic-bailleur se contente de courriers "de plus en plus fermes" (sic) pour résoudre le problème. Parce que la loi précise que la seule chose à faire est de ne pas renouveler le bail de ces individus ; bail de 3 ans donc et individus arrivés depuis trois mois à peine.

   Un homme (Frédéric Matwies) peut battre, brûler avec des cigarettes et faire manger des crottes de lapin à sa compagne et mère de ses deux filles pendant dix ans, finir par tenter de la poignarder et s'en sortir avec trois mois de sursis, une obligation de soins, la garde de ses filles et la possibilité de gagner de l'argent en écrivant un livre sur sa vie de malade (minable). Il y avait un monstre en moi aux Editions Michalon.

   Des millions de gens sont copains commes cochons, s'embrassent à qui mieux mieux quand l'équipe de France gagne un match de foot (la finale de la Coupe du Monde 1998) mais personne n'est assez solidaire pour partager ne serait-ce que sa bouffe pour régler le problème de la faim dans le monde alors que les ressources sont suffisantes.

Une liste non exhaustive du monde dans lequel on vit. Un pays, des représentants, une justice, des hommes qui marchent cul par-dessus tête, où l'honnête citoyen n'est plus protégé et n'a aucun moyen de se défendre. Je suis la seule à être fed up ou quoi ?

15:05 Écrit par charlotte sapin dans Actualités, Education | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

01/05/2011

Mon droit de réponse à L'Yonne Républicaine

Figure-toi que je suis une star. Dix-huit mois passés en pleine cambrousse et déjà deux passages dans le journal local !

Si mon premier passage visait à illustrer un article sur les nouvelles tendances de l'après-Noël à savoir la manie d'échanger ou d'e-bayiser ses cadeaux, mon second portait sur l'événement du week-end ; non pas le vrai event pop que constituait le mariage princier de Will and Cate mais le bienbonheur de Jipitou.

Et bien cette deuxième expérience d'avec la presse du coin (oserai-je dire du petit coin tellement on s'y em... bête ?) me laisse davantage bouche bée que béate.

Pour comprendre pourquoi, comparons l'interview comme elle s'est passée et l'article tel qu'il a été (ré)écrit.

L'interview :

Des questions sur les livres consacrés à Jean-Paul II.

Des réponses sur les livres consacrés à Jean-Paul II.

- Et vous, que pensez-vous de la béatification de l'ancien pape ?

Regard lourd de sens quant à mon désintérêt le plus total sur le sujet.

- Un sondage tendrait à exprimer l'opinion selon laquelle plus de 60 % de personnes préféraient Jean-Paul II à Benoît XVI, le trouvaient plus sympathique. Et vous ?

- Oeil qui frise. Sourire en coin. Certes, il avait l'air moins obtu mais après tout, les gens ne se mettent-ils pas à regretter Chirac (hem) depuis qu'ils récoltent Sarkozy ? N'y a-t-il pas une tendance à la cristallisation ?

- Heu... Vous n'êtes pas croyante ?

- Bouarf... Disons que ça m'arrangerait qu'on se réincarne ou qu'on se retrouve dans un petit coin, pas un où l'on s'em... bête, un où l'on ne prend que du bon temps. Mais je n'ai aucune certitude.

L'article (qui OSE les guillemets) :

"Moi, cela ne me fait rien, je ne me sens pas concernée par ce week-end. On cherche à le mettre en avant par rapport au pape actuel, explique Charlotte, athée. C'est comme aujourd'hui en politique où les gens disent qu'ils aiment plus Jacques Chirac que Nicolas Sarkozy."

Je trouve que cette reformulation qui m'est attribuée alors qu'il n'en est rien me donne un air "jeunesse UMP-JMJ qui adhère totalement à sa nouvelle idole Benito Croivébaton". Pour une interview donnée sur la tonalité incontestablement gaucho-anti-cléricale, je trouve ça énorme.

Lourde d'évidence sur la qualité de l'information en générale qui nous est délivrée.

Mais je prends le parti d'en rire pour cette fois-ci. Hors de question que le moindre grain de sable se glisse dans les rouages de ce week-end mémorable. Encore une fois, crions nos louanges au vrai héros du jour :

Wiiiiiiiiiilllll,  marry me !

...

Shit, too late...

16:38 Écrit par charlotte sapin dans Actualités, Livre, Travail | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

08/11/2010

Les prix littéraires 2010

Prix Goncourt : La carte et le territoire de Michel Houellebecq

Prix Renaudot : Apocalypse bébé de Virginie Despentes

Prix Fémina : La vie est brève et le désir sans fin de Patrcik Lapeyre

Prix Fémina étranger & Prix Fnac : Purge de Sofi Oksanen

Prix Médicis : Naissance d'un pont de Maylis de Kerangal

Prix Médicis étranger : Sukkwan Island de David Vann

Prix de l'Académie Française : Nagasaki d'Eric Faye

Prix France Télévisions : Où j'ai laissé mon âme de Jérôme Ferrari

Prix Interralié : le 16 novembre

Prix Décembre : le 9 novembre

18:18 Écrit par charlotte sapin dans Actualités, Culture, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

100 dessins pour Haïti, collectif

100 dessins pour haïti.jpgEditions Casterman - 150 pages

Présentation de l'éditeur : Depuis le séisme du 12 janvier 2010, l'aide internationale afflue à Haïti. Passés les premiers secours, c'est maintenant tout un pays qui doit se reconstruire. Un soutien durable est donc nécessaire pour que les Haïtiens puissent retrouver une vie normale. C'est pourquoi les dessinateurs de presse et de bandes dessinées se sont mobilisés en réalisant ces 100 illustrations. En partenariat avec Le Monde, Radio France et l'association Cartooning for Peace, les Editions Casterman reverseront l'intégralité des profits de ce livre à la Fondation de France. Cette dernière se chargera de répartir les fonds entre les différents projets concrets sur place pour venir en aide aux victimes du tremblement de terre de la Perle des Caraïbes.

Sorti à l'occasion du séisme, ce recueil de dessins d'auteurs tels qu'Edika ou Catel mérite bien, au regard des tristes circonstances qui ne cessent de s'accumuler en Haïti, une nouvelle petite mise en avant. Un petit coup de pouce pour la bonne cause. A vot' bon coeur.

08:50 Écrit par charlotte sapin dans Actualités, Bande dessinée, Culture, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!