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14/04/2014

Entre vous et moi, mais en vachement mieux !

Retrouvez-moi désormais sur Adepte du livre !

Un nouveau blog cent pour cent littérature, des catégories simplifiées et une interface épurée qui vous permet de choisir votre prochaine lecture en fonction de sa couverture, comme sur la table de votre librairie préférée.

Vous pourrez également facilement partager les notes qui vous plaisent grâce à des boutons de partage sur réseaux sociaux qui fonctionnent et, mieux encore, vous abonner au blog par email pour être directement tenu(e)s au courant sur votre messagerie des dernières parutions.

Si tout ceci vous excite autant que moi, je vous dis à très bientôt pour de nouvelles tribulations livresques sur adeptedulivre.com. Amitiés littéraires.

16:10 Écrit par charlotte sapin dans Blog, Culture, Livre | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook | | | | Pin it!

13/01/2014

Charly 9 de Jean Teulé

Éditions Pocket - 222 pagesculture,littérature,livre,roman,citation,histoire,france,biographie

Présentation de l'éditeur : Charles IX fut de tous nos rois de France l'un des plus calamiteux. À 22 ans, pour faire plaisir à sa mère, il ordonna le massacre de la Saint-Barthélémy, qui épouvanta l'Europe entière. Abasourdi par l'énormité de son crime, il sombra dans la folie. Courant le lapin et le cerf dans les salles du Louvre, fabriquant de la fausse monnaie pour remplir les caisses désespérément vides du royaume, il accumula les initiatives désastreuses. Transpirant le sang par tous les pores de son pauvre corps décharné, Charles IX mourut à 23 ans, haï de tous. Pourtant, il avait bon fond.

Ma note :

culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis

Broché : 19,50 euros

Poche : 6,10 euros

Bande dessinée : 16,95 euros

Ebook : 9,99 euros

Ebook BD : 12,99 euros

Audiolib : 20,30 euros

Grands caractères : 15,50 euros

Un grand merci aux Éditions Pocket pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

Deuxième Teulé (après Le magasin des suicides), deuxième tollé. Troisième même si l'on met au compte de l'auteur l'échec de l'adaptation BD de son roman Le Montespan. Une chose est certaine, il n'y en aura pas de quatrième... et encore moins treize ; Charly 9 succédant à douze romans de la prolifique plume teulienne ! Pas de rire, pas de larme, on s'ennuie ferme et le style n'est même pas plaisant.

Si ce roman à le mérite de remettre en mémoire au lecteur le règne de Charles IX (1550-1574) notoire pour le massacre de la Saint-Barthélémy et de lui apprendre quelques détails sur ce jeune monarque aux pulsions morbides histoire de briller dans les bavardages mondains, son intérêt trouve quasi immédiatement ses limites.

Loin du roman historique présupposé, il tient davantage de la farce déplacée opposant à la tragédie historique grave un style léger et une galerie de monstres tous plus absurdes les uns que les autres manquant cruellement de crédibilité. Un décalage dérangeant, pour ne pas dire insupportable, qui semble n'avoir aucun sens. Jean Teulé souhaite-t-il réhabiliter autant que faire se peut le trop jeune et trop fragile Charles IX totalement manipulé par sa sanguinaire mère Catherine de Médicis ? Pas vraiment. Désire-t-il le rendre plus sympathique ? Apparemment pas. A-t-il la volonté de donner un certain éclairage sur les événements atroces de l'époque ? Même pas. Alors quoi ?

Si l'on ajoute à cela un phrasé hautement déplaisant qui essaie de se donner un genre en mélangeant le verbe d'époque et des expressions modernes, ainsi qu'un manque de profondeur certain puisqu'il est flagrant tant dans les conceptions que dans les descriptions que Teulé a limité ses recherches documentaires au strict minimum, il n'y a vraiment qu'un pas pour affirmer que l'auteur se repose sur les lauriers de ses précédents succès et estime que son simple nom sur la couverture suffit pour atteindre le chiffre escompté... Un texte court et lourd qui ne vaut vraiment pas le détour.

Vous aimerez sûrement :

La calèche de Jean Diwo, La servante du Seigneur de Jean-Louis Fournier, Le roman de Boddah d'Héloïse Guay de Bellissen, La nuit ne dure pas d'Olivier Martinelli, Cosima, femme électrique de Christophe Fiat, Madame Hemingway de Paula McLain, Accordez-moi cette valse de Zelda Fitzgerald, Ciseaux de Stéphane Michaka, The Guitrys d'Éric-Emmanuel Schmitt, Beauvoir in love d'Irène Frain, La déesse des petites victoires de Yannick Grannec, Loving Frank de Nancy Horan...

Extrait :

Il se lève pour aller se contempler dans le reflet d'un miroir auquel il s'adresse :

- Mais qu'as-tu ordonné, Charles ? Hélàs, hélàs ! Les morts ne sont pas si morts que l'on croit.

Dans ce Louvre qui maintenant lui fait horreur, il se reproche :

- Tu as commis un grand crime. Tu n'es plus un roi mais un assassin. Un meurtre abominable ensanglante tes mains. Te voilà couvert du sang de tes sujets.

Il tend l'index croûteux, enflé et tuméfié (l'autre fois entaillé par la lame de sa dague) vers la vitre de son miroir et se menace :

- Voilà une souillure dont tu ne te laveras pas facilement. Tu as de tous les plus vils tyrans de l'Histoire réuni les forfaits ! Les Vêpres siliciennes et le banquet "fraternel" où César Borgia fit étrangler ses invités sont innocentes bagarres de rue d'après bals comparées à ton incroyable délit.

21:37 Écrit par charlotte sapin dans Bio/autobiographie, Citation, Culture, Littérature française, Livre, Roman historique | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | | Pin it!

19/12/2013

Une séparation de Véronique Olmi

culture,citation,littérature,livre,roman,roman épistolaire,théâtre,amourEn librairie depuis le 2 octobre 2013.

Éditions Albin Michel - 71 pages

Présentation de l'éditeur : "Cela va vite, une séparation. Il suffit d'un mot pour défaire des mois, des années d'amour, c'est comme dynamiter sa maison, on craque une allumette et tout s'effondre." Une séparation est la dernière pièce de Véronique Olmi dont le théâtre, de Chaos debout à Mathilde, est monté en France et à l'étranger par les plus grands metteurs en scène, et couronné par de nombreux prix. Elle est l'auteur de plusieurs romans, de Bord de mer à La nuit en vérité.

Ma note :

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Broché : 10 euros

Ebook : 6,99 euros

Un grand merci aux Éditions Albin Michel pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

Comme son nom l'indique, cette courte pièce de théâtre est l'histoire de la séparation d'une femme, Marie, et d'un homme, Paul. Deux prénoms très communs pour un sujet universel.

La réédition de cette pièce épistolaire accompagne son adaptation au Théâtre des Mathurins jusqu'au 22 décembre 2013 avec l'auteur elle-même dans le rôle de Marie et Jean-Philippe Puymartin, qui signe également la mise en scène, dans celui de Paul.

Marie, usée par la routine du couple, quitte Paul d'un simple courrier. Paul, refusant cette séparation, décide d'utiliser la correspondance comme un lien leur permettant d'être toujours un peu ensemble. Au fil de cet échange, c'est toute leur histoire d'amour qui est retracée, de leur rencontre jusqu'à l'impasse, années emplies de passions, de doutes, d'erreurs... Un véritable dialogue de sourds qui oppose deux conceptions du couple et de l'amour s'engage alors, à la tournure aussi évidente qu'inattendue, jusqu'au saisissant final.

Difficile à la lecture de ce texte de ne pas s'interroger soi-même sur la façon d'envisager la vie à deux au fil du temps qui passe, de ne pas réfléchir sur les raisons de poursuivre ou d'interrompre une histoire. L'amour ne doit-il être que moments merveilleux, magie sans cesse renouvellée comme à ses débuts ou la passion des premiers temps doit-elle laisser place à une tendre complicité bien ancrée dans le réel ?

Dans son texte, Véronique Olmi défend les deux points de vue avec autant de force que de conviction. Impossible de ne pas être saisi par un sentiment d'impuissance. Et pourtant, pas moyen non plus de ne pas faire un choix ; forcément subjectif. Mais que l'on choisisse la passion ou l'inévitable érosion, chacun des mots de chacun des camps est inévitablement remuant. Un texte beau et juste qui revisite avec talent une thématique universelle mainte fois traitée mais qui n'aura jamais d'autre conclusion que personnelle.

Vous aimerez sûrement :

The Guitrys d'Éric-Emmanuel Schmitt, L'Île des Gauchers d'Alexandre Jardin, Une dernière chose avant de partir & Le livre de Joe & Perte et fracas & C'est ici que l'on se quitte & Tout peut arriver de Jonathan Tropper, La double vie d'Irina de Lionel Shriver, Le roman de Boddah d'Héloïse Guay de Bellissen, La nuit ne dure pas d'Olivier Martinelli, Cosima, femme électrique de Christophe Fiat, Madame Hemingway de Paula McLain, Accordez-moi cette valse de Zelda Fitzgerald, Ciseaux de Stéphane Michaka...

Extraits :

MARIE

Étrange que ce soit si simple de se quitter. Étrange qu'il n'y ait de procédure que pour les gens mariés. Pour nous deux, une lettre et c'est déjà beaucoup. Un coup de fil, un mail, un silence auraient suffi. Notre séparation... Un peu de vent à la surface du sable. Un volet qui claque. Un rêve qui meurt. Trois fois rien. C'est fini.

Le matin se lève et notre histoire est terminée. La vie va continuer sans cette histoire qui s'arrête comme un train en rase campagne. Je continue à pied. Toute seule. Tout droit. Sans me retourner et les mains vides.

Je n'ai plus à plaire à personne.

Il n'y a personne.

La légèreté de la solitude. Sa magnifique inhumanité.

...

PAUL

J'ai réfléchi Marie, j'ai bien réfléchi, et je te l'écris et je te le dis, je te dis Non. Pour la première fois, c'est Non. Tu te sépares de moi, cela te regarde, cela est ta séparation, pas la nôtre. Je reste là. Je t'attends. Et j'ai tout mon temps.

...

MARIE

Avoue ! Avoue que nous sommes devenu un couple démuni, sans feu sans étincelles, et nous faisions partie soudain des statistiques. En face de nos années de vie commune on pouvait facilement cocher la case : routine inévitable. On pouvait nous démasquer facilement : le couple du troisième étage qui ne réveille plus les voisins par ses étreintes bruyantes et quotidiennes. Le couple du troisième étage qui fait ses courses et arrose ses plantes. Le couple que l'on croise le soir le sac de courses au bout des bras, et dont on ne saura ni n'imaginera jamais rien. Je t'ai quitté parce que nous étions devenus deux silhouettes. Parce que vivre ou mourir se ressemblaient trop. Parce qu'entre moi et une autre je ne voyais pas la différence. Parce que les raisons pour lesquelles je t'avais aimé sont précisément les raisons pour lesquelles je te quitte.

16:29 Écrit par charlotte sapin dans Citation, Culture, Littérature française, Livre, Roman épistolaire, journal, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | | Pin it!

16/12/2013

The Guitrys d'Éric-Emmanuel Schmitt

En librairie depuis le 2 octobre 2013.the guitrys.jpg

Éditions Albin Michel - 141 pages

Présentation de l'éditeur : Durant les années folles, pendant quatorze ans, Yvonne Printemps et Sacha Guitry règnent sans partage sur la scène artistique et mondaine internationale. Amants magnifiques et impossibles, ils vont vivre une vraie passion, traversée de querelles, de tromperies, et de jalousies. Et si l'histoire de ce couple légendaire nous était contée par Sacha lui-même ? Si l'auteur de Chagrin d'amour et de La Jalousie en avait confié les dialogues et la dramaturgie à Éric-Emmanuel Schmitt, complice de cette comédie étincelante de verve et d'esprit ?

Ma note :

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Broché : 12 euros

Un grand merci aux Éditions Albin Michel pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre.

À condition de connaître Sacha Guitry et Éric-Emmanuel Schmitt (L'évangile selon Pilate, La femme au miroir...) ou au moins l'un des deux d'un peu prêt de son oeuvre - pour ne pas dire de son personnage -, la rencontre des personnalités et des talents linguistiques et littéraires de ces deux artistes est forcément prometteuse.

Il faut, bien sûr, garder à l'esprit que le texte, avant tout écrit pour le théâtre, repose essentiellement sur les dialogues. Alors bien sûr, il se lit vite. Forcément, il gagne à être entendu plutôt que lu ; d'autant que le casting - Martin Lamotte & Claire Keim - semble une réussite. Évidemment, la mise en scène ou encore les costumes font davantage revivre le Paris des Années folles que de l'encre sur le papier...

N'empêche ! Sous la plume de l'un des auteurs français les plus lus et les plus représentés au monde, le couple mythique Yvonne Printemps-Sacha Guitry reprend bel et bien vie le temps d'une lecture et entraîne à sa suite le lecteur, au coeur de cette union à la vie comme à la scène. Du trouble de leur rencontre à la détresse de leur rupture en passant par leur triomphe sur les planches, l'amoureux de l'Amour et le Rossignol, l'aristo dandy à l'esprit fin et la fille des faubourgs un peu sotte mais moins qu'il n'y paraît, font ressurgir ces quinze années de verbe haut.

Le délice de lire leurs échanges donne à imaginer le plaisir de voir jouer ces exquises roucoulades et autres assassines algarades pleines de verve et d'esprit. Alternant les scènes au présent et les flashbacks, le vrai talent de Schmitt est d'avoir construit ses conversations autour de réelles citations. De quoi rendre son texte plus vrai que nature et ressusciter un instant l'incomparable style Guitry.

La pièce (qui me donne autant envie que De Sacha à Guitry par Jean Piat) est à voir au Théâtre Rive Gauche jusqu'au 5 janvier 2013 - 6, rue de la Gaîté - Paris 14 - Réservations 01 43 35 32 31 - M° Edgar Quinet - www.theatre-­rive-gauche.com.

Vous aimerez sûrement :

L'Île des Gauchers d'Alexandre Jardin, Une dernière chose avant de partir & Le livre de Joe & Perte et fracas & C'est ici que l'on se quitte & Tout peut arriver de Jonathan Tropper, En moins bien et Pas mieux d'Arnaud Le Guilcher, Les témoins de la mariée de Didier Van Cauwelaert, Homo erectus de Tonino Benacquista, Demain j'arrête ! de Gilles Legardinier, Le roman de Boddah d'Héloïse Guay de Bellissen, La nuit ne dure pas d'Olivier Martinelli, Cosima, femme électrique de Christophe Fiat,Madame Hemingway de Paula McLain, Accordez-moi cette valse de Zelda Fitzgerald, Ciseaux de Stéphane Michaka...

Extraits :

LE RÉGISSEUR

Ah oui, cocu ! Vous vouliez dire "cocu" ?

SACHA GUITRY (entre ses dents)

C'est ça, répétez-le, si ça vous fait plaisir. Il est certain que ça risque peu de vous arriver...

LE RÉGISSEUR

Ah ! Ne recommencez pas, monsieur Guitry... Germaine n'a pas...

SACHA GUITRY

Chanceux Marcel. Contre l'adultère, l'ingratitude physique se révèle une arme plus efficace que la vertu. Enfin, encore une fois, je ne me moque pas de vous, mon ami, mais de moi. Lorsqu'on épouse une femme jolie, on prend le risque d'être cocu, c'est logique, c'est inscrit dans la police d'assurance. Enfin bref, je l'étais. Le bonheur à deux ne dure que le temps de compter jusqu'à trois.

...

SACHA GUITRY

(...) Avec tout ce que je sais on pourrait faire un livre, tandis qu'avec ce que je ne sais pas on pourrait faire une bibliothèque.

...

SACHA GUITRY

J'ai été réformé.

YVONNE

Pourquoi ?

SACHA GUITRY

Pour cause de rhumatismes.

YVONNE

À votre âge ?

SACHA GUITRY

On a le droit d'être précoce ! J'ai déjà fourni une assez belle carrière de malade. Enfin, les rhumatismes, ça a le mérite de ne pas tuer son bonhomme. C'est un peu comme ma femme : ça énerve, ça fait mal, ça se déplace et ça ne part pas.

YVONNE

Vous parlez mal des femmes...

SACHA GUITRY

Je ne parlais pas des femmes mais d'une seule : mon épouse.

YVONNE

Eh bien, cela ne donne pas envie de vous épouser.

SACHA GUITRY

Qui cela tenterait-il ?

Ils se regardent, troublés.

YVONNE

Et à part ça ? Question santé ?

SACHA GUITRY

Rien à signaler sinon que l'idée que je puisse être malade me rend malade. Je m'affole. Je m'y connais juste assez en médecine pour envisager le pire.

YVONNE

Ah ! Vous êtes un malade imaginaire ?

SACHA GUITRY

Non, un bien-portant imaginaire.

...

SACHA GUITRY

(...) Avant le mariage, c'est les petits mots. Pendant le mariage, c'est les grands mots. Après le mariage, c'est les gros mots.

...

SACHA GUITRY

J'aime tellement la langue française que je considère un peu comme une trahison le fait de cultiver une langue étrangère.

...

YVONNE

(...) Pourquoi m'humilies-tu en courtisant cette Lyonnaise ?

SACHA GUITRY

Il faut bien que je feigne de me lasser de toi afin de pouvoir, plus tard, faire semblant de ne pas te regretter.

Yvonne vacille sous la détresse élégante que révèle cette phrase. Puis elle se ressaisit.

YVONNE

Oh, toi ! Tu es plus grisé par les mots que tu prononces que par ceux que tu écoutes.

...

SACHA GUITRY

On est vieux dès qu'on cesse d'aimer.

20:18 Écrit par charlotte sapin dans Bio/autobiographie, Citation, Culture, Littérature française, Livre, Roman, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

15/12/2013

Isadora Duncan de Jules Stromboni & Josépha Mougenot

isadora duncan.jpgEn librairie depuis le 14 mars 2013.

Éditions Naïve - 104 pages

Présentation de l'éditeur : Isadora Duncan c'est la femme sauvage, celle qui peut répondre de ses actes, qui tous découlent d'une vision de la danse qu'elle semble porter depuis l'enfance et mûrir tout au long de sa vie. Célébrant le beau à la manière des Grecs antiques, Isadora Duncan dansait pieds nus, vêtue seulement d'une toge. Cela se passait à l'époque du corset en Europe et du puritanisme protestant en Amérique. Pourtant Isadora Duncan ne le vivait pas comme une provocation, qu'elle semble ignorer, mais comme un acte naturel, celui de la nudité en soi de l'époque hellène. Avant même le droit de vote des femmes, celle-ci s'émancipe et de l'Église et de l'État, en assumant ses maternités hors-mariage. Josépha Mougenot, jeune auteure, et Jules Stromboni, jeune et déjà réputé illustrateur – son Sherlock Holmes chez Casterman fut un succès et son Épouvantail chez le même éditeur est déjà en compétition à Angoulême – se sont réunis autour de leur passion commune pour la figure de cette femme exceptionnelle. L'écriture sensible de Josépha Mougenot et le trait vivant de Jules Stromboni opèrent une sorte de miracle : Isadora Duncan nous parle, racontant une enfance bohême et solitaire, même au sein de sa nombreuse fratrie. Le geste se devine, la voix chante, Isadora est dans le mouvement, au gré de ces pages. Elle ouvre la voie à la future danse contemporaine.

Ma note :

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Album cartonné : 23 euros

Un grand merci à Libfly et aux Éditions Naïve pour m'avoir offert l'opportunité de découvrir cette bande dessinée dans le cadre de l'opération La voie des indés.

Depuis quelques années, les Éditions Naïve ont lancé la collection Grands destins de femmes dont l'ambition est de mettre en lumière, par le prisme du neuvième art, des portraits de femmes célèbres en s'attachant tout particulièrement à leur enfance et leur jeunesse, genèses souvent méconnues et fondatrices. Après avoir rendu hommage à Françoise Dolto, Virginia Woolf, Diane Fossey et Coco Chanel, c'est au tour d'Isadora Duncan d'avoir sa biographie dessinée. Le résultat, ici fruit du travail combiné de Stromboni et Mougenot, est malheureusement très inégal.

Le dessin est le point fort de cet album. Le trait fluide fait plus qu'honneur au mouvement spontané et à l'harmonie gestuelle de la danse et de la nature, dimensions fusionnelles indissociables pour la danseuse américaine avant-gardiste qui posa les bases de la danse contemporaine. Les tons désuets - bichromie, crayon et lavis - replongent à la perfection dans l'époque fin XIXe / début XXe et leurs variations transmettent avec justesse les atmosphères des instants dépeints.

Le récit, quand à lui, n'est pas à la hauteur de la partie graphique et c'est regrettable. Le choix très classique d'une narration chronologique ne serait pas passé pour un cruel manque d'originalité s'il avait été inspiré et marqué par des émotions à la mesure de la destinée aussi étonnante que tragique de cette figure de proue du féminisme. Mais Josépha Mougenot s'est malheureusement contentée d'un enchaînement succinct de quelques étapes existentielles d'Isadora Duncan, faisant fi de composantes essentielles de la femme comme de l'artiste hors du commun. L'histoire ne se réduit au final qu'à une pâle introduction de la vie dissolue d'un esprit libre et bohème en marge de son temps. Exit donc sa bisexualité, son mariage avec un homme de 18 ans son cadet, les scandales de ses unions libres voire sulfureuses, de ses maternités hors mariages, de sa nudité sur scène ou l'importance de sa contribution révolutionnaire dans l'art de la danse, pour ne citer que quelques exemples. Sans compter les événements dévastateurs marquants de sa vie qui tombent comme des cheveux sur la soupe, réduisant à néant la puissance tragique de la destinée.

Si le concept de la biographie en bande dessinée à le vent en poupe ces dernières années et induit nécessairement un traitement dans les grandes lignes, il y a un pas entre résumer et faire abstraction qui a, ici, été largement franchi. Dommage !

Vous aimerez sûrement :

La tectonique des plaques de Margaux Motin

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Thoreau La vie sublime de A. Dan et Maximilien Le Roy

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12:21 Écrit par charlotte sapin dans Bande dessinée, Bio/autobiographie, Littérature française, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it!

 
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